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Qu'est-ce que la Pansexualité ?

Définition de la pansexualité

La pansexualité, ou omnisexualité, est l'attirance sexuelle, romantique ou émotionnelle envers les personnes, peu importe leur sexe ou leur identité de genre. Les personnes pansexuelles peuvent se considérer comme aveugles au genre, affirmant que le genre et le sexe ne sont pas des facteurs déterminants dans leur attirance romantique ou sexuelle pour les autres.

Une personne pansexuelle peut ainsi aimer non seulement les genres masculins et féminins traditionnels, mais aussi les personnes transgenres, androgynes, les hommes comme les femmes, etc. La pansexualité est une notion relativement méconnue en France (voir section sur les chiffres et difficultés de la pansexualité). Une personne androgyne étant une personne dont l’apparence ne permet pas de savoir clairement à quel genre ou sexe il/elle appartient.

C’est une forme de sexualité souvent confondue avec la définition de la bisexualité (attraction vers les deux sexes physiques: mâle et femelle). Cette confusion (voir section sur les différences entre pansexualité et bisexualité) cache bien souvent le fait que la pansexualité est une forme beaucoup plus large d'orientation sexuelle. C’est une orientation sexuelle dans laquelle l'individu éprouve une attirance sexuelle envers les membres de TOUS les genres (à ne pas confondre avec le « sexe », purement physique). Cela inclut donc les transgenres ou transsexuels (identité de genre ou expression de genre différente du sexe « physique » assigné à la naissance), les travestis (consiste à porter des vêtements généralement associés au sexe opposé au sien), les androgynes (dont on ne reconnait pas facilement le genre/sexe), les bispirituels (personnes non conformes aux normes de genre), et toute autre variété d'identification de genre, aussi bien que ceux qui ne se sentent pas qu'ils ont un genre (c’est par exemple le cas de la célèbre chanteuse Miley Cirus, voir section sur la pansexualité et les célébrités).

La pansexualité peut être considérée comme une orientation sexuelle à part entière ou comme une branche de la bisexualité. Si on considère la pansexualité comme une branche de la bisexualité, alors cela signifie que le terme bisexuel inclut forcément les pansexuels. Or la pansexualité rejette le genre binaire (contrairement à la bisexualité donc). Il existe donc de nombreux débats au sein de la communauté LGBT (en particulier la communauté bisexuelle) afin de savoir dans quelle mesure le terme bisexuel est inclusif par rapport au terme pansexuel.

Différences entre pansexualité et bisexualité

drapeau de la bisexualité
(drapeau de la bisexualité)

drapeau de la pansexualité
(drapeau de la pansexualité)

Comme nous l’avons vu dans les paragraphes précédents, la définition de l’orientation bisexuelle et pansexuelle se recoupe à certains moments. Mais il existe des différences fondamentales entre ces deux identités.

Tout d’abord les personnes qui sont bisexuelles établissent des relations avec les deux sexes : ces personnes ont généralement une préférence pour un sexe par rapport à l’autre. Ce qui différencie très concrètement le pansexuel du bisexuel est l’attirance quel que soit le genre. La « bi »-sexualité est donc binaire (« bi » est une locution latine en provenance de « bis », lui-même en provenance de « duis » : la forme archaïque de « duo » c’est-à-dire le doublement) : être bisexuel c’est aimer le sexe masculin et le sexe féminin. Ni plus, ni moins : c’est un choix binaire. A l’inverse les personnes pansexuels ont des attirances bien plus larges : notamment l’attirance vers des individus qui s'identifient comme étant des hommes ou des femmes, sans que cela ne corresponde forcément à leur sexe/genre. C’est réellement cette distinction qui dessine la frontière entre la pansexualité et la bisexualité.

Les orientations pansexuelles et bisexuelles sont souvent confondues car :

  • Beaucoup de pansexuels préfèrent se présenter comme des bisexuels par commodité (meilleure perception sociale, terme de « pansexualité » très méconnu en France donc difficile à expliciter/partager, etc.). La pansexualité est en effet largement stigmatisé à l’heure actuelle (quand on sait que certains pays appliquent encore de très lourdes peines, voire des condamnations à mort en cas d’homosexualité, on peut se dire que les droits LGBT dans le monde ont encore du chemin à parcourir avant d’accepter ce que peut être la pansexualité dans son ensemble).
  • Certains bisexuels peuvent être ouvert(e)s à des expériences épisodiques plus larges, rentrant ainsi dans le champ de la pansexualité, sans que ces expériences ne s’inscrivent dans le temps
  • Certains bisexuels peuvent s’inscrire dans une relation durable avec une personne pansexuelle.

Beaucoup de gens s'identifient toutefois fortement comme bisexuels ou pansexuels, et n'utilisent jamais les étiquettes de façon interchangeable. Chaque communauté est représentée par son propre drapeau, son ensemble de couleurs et ses idéologies générales. Le drapeau la fierté bisexuelle est rayé avec les couleurs magenta, bleu royal lavande. Chaque couleur a une signification bien précise :

  • Le magenta, tout en haut, représente l’attraction sexuelle pour le même sexe ou genre (les gays et lesbiennes donc)
  • Le bleu royal, tout en bas, représente l’attraction sexuelle pour le sexe ou genre opposé (les hétérosexuels donc)

Ces 2 bandes se chevauchent formant ainsi une 3ème bande (moins haute) de couleur « lavande » qui serait la résultante du magenta et du bleu royal : cette couleur lavande représente donc la bisexualité.

Le drapeau de la pansexualité est moins connu et est composé de rose, jaune et bleu.

  • Le rose représente l’attraction envers les femmes
  • Le bleu envers les hommes
  • Et le jaune envers les personnes non-binaires (c’est-à-dire les individus présentant des identités de genre ou d’expressions qui ne sont pas normatives).

Chaque drapeau est ainsi représentatif de ses idéologies dominantes.

Les chiffres et difficultés de la pansexualité

Le problème de la pansexualité le manque de chiffres et la circulation de mauvaises informations. Il y a eu énormément de progrès vis-à-vis des gays, bisexuels et lesbiennes au cours de toutes ces dernières années : ces communautés obtiennent peu à peu le respect de nos sociétés modernes, ce qui n’était pas le cas auparavant. Mais du travail reste à faire du côté des pansexuels qui sont encore parfois totalement rejetés ou incompris. Mais combien sont-ils ?

Une minorité dans la communauté LGBT, d’autant que certains ne veulent pas considérer la pansexualité comme une réelle orientation sexuelle. Nombreux sont les préjugés et la difficulté principale de la pansexualité est le fait que des informations fausses circulent couramment à leurs sujets : il s’agirait d’individus attirés par « n’importe quoi » ou d’individus attirés par « tout ce qui bouge », ce qui est littéralement faux. Parfois même la pansexualité serait l’apanage des fétichistes en tout genre, ce qui là encore est faux. Le résultat ? Une vraie difficulté à trouver du soutien lorsqu’on est pansexuel et qu’on est jeune : la communauté LGBT étant plus ou moins réceptive à ce genre de situation car même au sein de la communauté LGBT le pansexualisme est parfois méconnu.

Par ailleurs les statistiques diffèrent fortement d’une étude à l’autre.

  • Une étude menée par « The Centers for Disease Control and Prevention » et « The National Center for Health Statistics » (aux Etats-Unis) a révélé que 96,6% des adultes américains s'identifiaient comme hétérosexuels, 1,6% comme gays ou lesbiennes, 0,7% comme bisexuels. Les 1,1% restants ont été divisés entre 0,2% identifiés comme quelque chose d'autre, 0,4% ont choisi "Je ne sais pas" et les 0,6% restants ont refusé de répondre. Les pansexuels n'ont pas été mentionnés.
  • Gallup (société qui fournit des statistiques aux Etats-Unis) rapporte que 3,8% de la population américaine s'identifie comme gays ou lesbiens. Les pansexuels, bisexuels et transsexuels n'étaient pas mentionnés.
  • L'Institut Williams estime que 3,5% des adultes aux États-Unis s’identifient comme lesbiennes, gays ou bisexuels et estime que 0,3% sont transgenres (le « T » de LGBT). La pansexualité n'est pas mentionnée.

Il existe de nombreuses raisons pour lesquelles ces chiffres diffèrent, l'une des principales raisons étant que la sexualité est « fluide » : cela signifie qu’elle peut changer. Mais la raison principale semble être que beaucoup ne sont pas à l'aise avec le fait de partager leur sexualité : même si les enquêtes d’opinion sont présentées comme « anonymes », iriez-vous donné des informations aussi personnelles vous concernant que votre sexualité ou encore vos intimes convictions ? La conclusion est qu’il est difficile d’avoir des chiffres fiables pour les principales grandes catégories LGBT, à savoir lesbiennes, gays et bisexuels : alors comment en avoir pour les pansexuels qui sont en minorité ? Entre la 1ère étude et la 2nde étude (de Gallup) le chiffre de gays/lesbiens est passé de 1.6% à 3.8%. Mieux encore : une autre étude de Gallup (cf. http://news.gallup.com/poll/183383/americans-greatly-overestimate-percent-gay-lesbian.aspx) indique que selon l’avis de population américaine, il y aurait 23% de gays ou lesbiens (il s’agit là de la perception de la population américaine, et non de l’identité sexuelle des personnes interrogées).

L'intolérance peut être évitée ou au moins atténuée en éduquant mieux les personnes et en les sensibilisant davantage : il est toujours important de traiter les gens avec respect.

Nous avons mené une recherche, grâce à l’outil « Google Trends », sur les tendances de recherche vis-à-vis du terme « pansexuel » (« pansexual » en anglais). Cette étude vise à savoir s’il existe un engouement de plus en plus grand autour de ce mot-clé dans Google : si oui, alors cela signifierait que la pansexualité « se fait connaitre ».

Aux Etats-Unis la courbe est éloquente et vous pouvez la consulter en temps réel à cette adresse : https://trends.google.fr/trends/explore?date=all&geo=US&q=pansexual. On remarque une « percée » de la pansexualité sur le moteur de recherche Google depuis 2012. Cela signifie que depuis cette date les recherches augmentent autour de ce sujet : cela matérialise un engouement et des recherches qui n’existaient pas auparavant (quasiment rien en 2006 par exemple). Et pour cause : le drapeau de la pansexualité par exemple n’existe que depuis 2010.

En France, cf. https://trends.google.fr/trends/explore?date=all&geo=FR&q=pansexuel, la tendance est aussi fortement à la hausse : c’est juste que l’engouement a été plus tard qu’aux Etats-Unis (davantage vers 2014).

Il serait donc vrai de dire que la pansexualité est une notion qui « gagne du terrain ». A l’inverse, le terme « asexuel » par exemple (cf. https://trends.google.fr/trends/explore?date=all&geo=FR&q=asexuel) ne suscite pas du tout le même engouement.

Etymologie

Le mot « pansexuel » doit être décomposé :

  • « pan » d’une part, qui est un préfixe qui signifie (en grec ancien) « tous ». Cela marque une idée de globalité.
  • « sexuel » (de « sexus » en latin, le sexe).
  • Comme tout nouveau mot, Pansexuel peut être utilisé sous plusieurs formes : Pansexuelle et Pansexuele.

Ce serait Sigmund Freud qui aurait inventé ce mot 1917 et qui aurait ainsi introduit le terme. Toutefois ce mot avait une toute autre signification à l’origine ! Freud souhaitait décrire la manière dont la sexualité imprègne tous les aspects de l'expérience humaine. L’idée était de mettre en avant que l’instinct sexuel est le moteur principal de toutes les activités humaines (mentales, physiques, etc.).

Quelles sont les idées fausses communes sur la pansexualité?

Les idées fausses qui sont généralement répandues sont :

  • Qu’être bisexuel c’est être pansexuel, ce qui est faux.
  • Que les pansexuels sont des personnes à la recherche de relation avec « n’importe qui » ou « n’importe quoi », ce qui est faux.
  • Certains vont même jusqu’à dire ou croire que la pansexualité inclurait automatiquement des attractions telles que la « bestialité » (relations sexuelles avec des animaux, zoophilie) ou encore la paraphilie (attirances ou pratiques sexuelles qui diffèrent des actes traditionnellement considérés comme normaux, et qui sont souvent classés comme des crimes ou délits selon les pays), ce qui est faux. Il s’agit là d’une idée fausse qui porte préjudice à la communauté pansexuelle.
  • On ne peut pas être pansexuel si la personne que nous fréquentons est une personne hétérosexuelle ou bisexuelle, ce qui est faux. Ce n’est pas l’autre qui définit ce que nous sommes et ce par quoi nous sommes attirés.

La théorie de la pansexualité

Peter Boom a publié des écrits qui sont devenus assez populaires au sujet de la pansexualité lors du 6ème congrès de sexologie à Limassol (Chypre), en Juin 2002. Ses écrits sont devenus populaires pour plusieurs raisons : d’une part en 2002 Peter Boom était relativement « précurseur » sur le sujet, et d’autre part cette « théorie de la pansexualité » est écrite par Peter Boom qui est écrivain, acteur et activiste vis-à-vis de la pansexualité, donc une personne d’une certaine notoriété. Peter Boom se considère comme une personne transsexuelle.

Sa théorie peut être consultée librement à l’adresse suivante (traduction faite en français) :

Parmi certains passages, on peut notamment lire que :

  • Selon Peter Boom, la pansexualité est en chacun de nous, par nature. Peter Boom reprend d’ailleurs le concept de Freud (qui nous dit que l’instinct sexuel est à la base de tout comportement humain).
  • Selon Peter Boom, la pansexualité pourrait se développer davantage à notre époque car il y a moins ce « besoin de reproduction » que les nations pouvaient connaitre lors des guerres, famines, épidémies, etc. Nos sociétés sont à niveau tel que la surpopulation est parfois davantage un problème que la famine dans certains pays : en ce sens ces pays peuvent, selon Peter Boom, expliquer la raison pour laquelle la pansexualité se développe plus librement.

Il existe toutefois des passages qui semblent être mal formulés car Peter Boom indique que « la pansexualité comprend toutes les formes de sexualité », ce qui n’est pas vrai et ce qui peut être le lieu de fausses idées (voir sections précédentes).

Pansexualité et célébrités

Miley Cyrus a popularisé le terme quand elle a parlé de sa sexualité dans « Elle » en 2015. Miley Cyrus a également dit que « rien ne peut et ne pourrait me définir ! Je suis libre d’être tout » dans une interview avec le magazine Out (voir sources et références de ce dossier).

Mary Gonzalez, une représentante de l'État du Texas, a attendu après la fin de sa campagne pour révéler son orientation sexuelle. C’est l’une des premières figures publiques ayant dévoilé au grand jour sa pansexualité. Elle était au départ perçue comme lesbienne, jusqu’à ce qu’elle rectifie elle-même les choses en se décrivant comme pansexuelle. Elle avait 29 ans lors de ce coming-out en tant que « pansexuelle ».

Jazz Jennings (célébrité sur Internet, YouTubeuse avec près de 500 000 abonnés) est une autre personnalité notable, qui se considère comme pansexuelle. Angel Haze (rappeuse américaine) a aussi exprimé sa pansexualité avec ses propres mots.

Sources et références

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